Samedi 29 janvier 2011 6 29 /01 /Jan /2011 22:33

La révolution égyptienne

samedi 29 janvier 2011

La révolution égyptienne

Cet article date du vendredi 28 janvier 2011.                    

Les flammes de la colère se répandent à travers toute l’Egypte, et rien ne peut les arrêter. Le sort du régime de Moubarak est en jeu. Aujourd’hui , il y a eu des affrontements violents dans les rues du Caire et d’autres villes d’Egypte. Le gouvernement avait prévenu les manifestants qu’ils feraient face à toute la puissance de l’Etat.                                                                  

La situation se développe avec une extraordinaire rapidité. Ces derniers jours, des centaines de milliers d’Egyptiens sont descendus dans la rue pour exiger la liberté. Avec un courage admirable, ils ont bravé les matraques, les gaz lacrymogènes et les balles de la police. Aujourd’hui, les manifestations – jusqu’alors surtout composées de lycéens et d’étudiants – ont été renforcées par une armée de pauvres et de déshérités venue des bidonvilles du Caire et d’autres villes.                           

La répression peut-elle réussir ?                                                                                                       

Le régime dispose d’un appareil d’Etat fort de 1,5 million de soldats, dont il s’efforce d’acheter la loyauté à grands frais. La fonction de cet appareil redoutable n’est pas de défendre l’Egypte contre un agresseur étranger ou de combattre Israël. Sa fonction est de soumettre le peuple égyptien. Mais y parviendra-t-il ?                                                          

Sur le papier, c’est une force gigantesque que le peuple n’a aucune chance de vaincre. Mais on pourrait en dire autant de tous les régimes tyranniques de l’histoire. Louis XVI, le Tsar Nicolas II et le Shah d’Iran disposaient d’appareils de répression beaucoup plus puissants que celui de Moubarak. Et pourtant, à l’heure de vérité, ils se sont effondrés comme un château de cartes.                                                                                                            

Le déploiement de cet arsenal répressif ne révèle pas une force, mais une faiblesse : sans la police et l’armée, le gouvernement est impuissant. Napoléon remarquait qu’on peut faire beaucoup de choses avec des baïonnettes, mais qu’on ne peut s’asseoir dessus. En dernière analyse, la police et l’armée constituent une base trop étroite pour soutenir un régime impopulaire. A leur grande surprise, les autorités constatent que l’appareil d’Etat ne peut pas mettre un terme aux manifestations. Aujourd’hui, il y avait 80 000 manifestants à Port Saïd, 50 000 à Beni Suef, à 100 kilomètres au sud du Caire, et de grandes manifestations à Alexandrie, à Suez et ailleurs.                                                       

A un certain stade, la violence des forces de répression devient contre-productive. Elle ne provoque plus la peur, mais l’indignation et la colère. A Suez, le peuple s’est soulevé contre la police qui avait tué des manifestants. Un commissariat a été brûlé. C’est le moment où des fissures apparaissent nécessairement à la base des forces de police. La plupart des soldats et policiers ordinaires ne sont pas prêts à tuer des citoyens. Ils refuseront d’exécuter les ordres de tirer sur les manifestants. C’est ce qui semble s’être produit à Suez, d’après certaines sources.                                                                                     

Le rôle de la jeunesse                                                                                                                          

Les manifestants sont, pour l’essentiel, de jeunes Egyptiens privés d’emploi et d’avenir. L’un d’entre eux a déclaré à la BBC : « Nous sommes pauvres. Nous n’avons pas d’emploi, pas d’avenir. Que doit-on faire ? Est-ce qu’on doit s’immoler ? » Le seul espoir de cette jeunesse, c’est de lutter pour un changement fondamental de la société. Ils ont balayé toute peur et ont risqué leur vie dans ce combat pour la justice et la liberté.

Les masses ressentent et comprennent leur force collective : c’est le facteur décisif. Les éléments les plus jeunes, les plus déterminés et les plus énergiques, qui ont commencé le mouvement, transmettent leur combativité et leur courage à des couches de la population plus inertes et plus prudentes. The Guardian en donne un exemple significatif : « Davantage de citoyens ordinaires défient la police, désormais. Un jeune manifestant m’a raconté comment, poursuivi par des policiers, il était entré dans un bâtiment et avait sonné au hasard. Il était 4 heures du matin. Un homme de 60 ans lui a ouvert la porte ; la peur se lisait sur son visage. Le jeune manifestant lui a demandé de le cacher de la police. L’homme lui a demandé de montrer sa carte d’identité, puis l’a fait entrer. Il a réveillé l’une de ses trois filles pour qu’elle prépare à manger au jeune homme. Ils ont bu du thé et mangé comme de vieux amis ».                                                     

« Le matin, l’homme a raccompagné le jeune manifestant dans la rue, a arrêté un taxi et a voulu lui donner de l’argent. Le jeune homme a refusé et l’a remercié pour son aide. L’homme a répliqué : “C’est moi qui dois te remercie de nous défendre, moi, mes filles et tous les Egyptiens” » (The Guardian du 27/01)                                                                            

Et maintenant ?                                                                                                                                     

Une chose est claire. Cette journée s’est soldée par une défaite catastrophique pour Moubarak. La nuit tombée, les manifestants sont restés dans les rues, défiant le couvre-feu décrété par le gouvernement, dans tout le pays. Le bâtiment du Parti National Démocratique a été incendié, sans que personne cherche à l’éteindre.                   

A Washington, l’inquiétude ne cesse de croître. Cet après-midi, Hillary Clinton a déclaré que son gouvernement est « profondément inquiet de l’usage de la violence par la police et les forces de sécurité égyptiennes ». Elle a appelé le gouvernement égyptien à demander à ses forces de l’ordre de faire preuve de plus de retenue. Elle a dit : « Ces manifestations montrent qu’il y a de profondes frustrations au sein de la société égyptienne. Le gouvernement doit comprendre que la violence ne fera pas disparaître ces frustrations. » Elle a ajouté : « Comme partenaire de l’Egypte, nous sommes convaincus que le gouvernement doit engager immédiatement, avec le peuple égyptien, des réformes politiques, sociales et économiques. »                                                                   

Traduit dans un langage plus direct, cela signifie : « Ne fais pas l’imbécile, Moubarak. Si tu essayes d’utiliser l’armée pour écraser le mouvement, elle se brisera. Le mouvement est trop puissant pour être noyé dans le sang. Mieux vaut utiliser la ruse. Fais quelques changements, ou du moins donne l’impression qu’il va y avoir des changements. Au final, bien sûr, il faudra peut-être que tu quittes le pouvoir. C’est malheureux, mais on doit tous faire des sacrifices de temps en temps. Tu es un homme vieux et usé. Tu peux jouir d’une confortable retraite et sauver le capitalisme. Ou alors, tu peux t’accrocher au pouvoir et finir comme Sadat : mort. Ce serait vraiment dommage pour toi. Mais si tu provoques trop les masses, il y aura une révolution complète, et ce serait vraiment dommage pour nous. »                                                                                                                       

Mais Moubarak ne semble pas écouter. Coupé du monde réel, entouré d’une cour servile, dans son palais, il s’accroche au pouvoir – qui lui échappe. Il décrète le couvre-feu, mais les gens restent dans la rue. Il appelle l’armée à « aider les forces de sécurité », mais les manifestants applaudissent l’armée et l’appellent à les rejoindre. On rapporte des cas de fraternisation. Au Caire, un des reporters d’Associated Press raconte comment des policiers ont été portés en triomphe après avoir quitté leurs uniformes et rejoint les manifestants.                                                                                                                                         

Est-ce juste un incident isolé ? Ou est-ce que cela indique une tendance générale ? Lorsque la situation évolue aussi rapidement, les choses peuvent basculer brusquement en quelques minutes. Dans la ville d’Alexandrie, l’armée est dans la rue, mais les soldats lèvent le pouce à l’attention des manifestants. A Suez, également, les manifestants acclament les soldats. Certaines sources parlent d’affrontements entre des policiers et des soldats. Si c’est confirmé, Moubarak est très mal en point.                                                 

La révolution égyptienne                                                                                                                    

Quelle que soit l’issue des manifestations, une chose est claire : la révolution égyptienne a commencé. C’est la réponse définitive à tous les sceptiques et snobs intellectuels qui critiquaient constamment le prétendu « faible niveau de conscience » des masses, de même qu’à tous ces « experts » occidentaux qui parlaient avec mépris de « l’apathie » et de la « passivité » politique du peuple égyptien. En Egypte, en Iran, en Grande-Bretagne ou aux Etat-Unis, les masses ne peuvent apprendre qu’à travers leur expérience. Lors d’une révolution, elles apprennent très vite. Les travailleurs et la jeunesse égyptienne ont davantage appris en quelques jours de lutte qu’en trente ans d’existence « normale ».                                                                                                                    

Dans les rues du Caire et d’autres villes du pays, les gens ne se contentent pas de parler de révolution : ils la font. C’est un fait indiscutable, désormais. Une question se pose : qu’est-ce qui va remplacer le régime de Moubarak ? Mais cette question n’est pas la priorité actuelle des manifestants. Ils ne savent pas exactement ce qu’ils veulent. Mais ils savent très précisément ce qu’ils ne veulent pas. Et cela leur suffit, pour le moment.

La tâche immédiate est de renverser Moubarak et son régime corrompu. Cela ouvrira les vannes et permettra au peuple révolutionnaire d’avancer. Il découvre chaque jour son pouvoir dans la rue, l’importance de l’organisation et des mobilisations de masse. C’est déjà une immense conquête. Après trente ans de dictature, le peuple égyptien ne s’en laissera pas imposer une autre, pas plus qu’il n’acceptera des intrigues visant à recréer l’ancien régime sous un nouveau nom. C’est ce que montre clairement le cas de la Tunisie.                                                                                                                                                    

Les médias ont tenté d’exagérer le rôle des Frères Musulmans. Mais en réalité, il est évident que le mouvement se déroule sous la bannière de la démocratie révolutionnaire – et non de l’islamisme. La grande majorité des manifestants sont des jeunes gens qui ne sont pas du tout influencés par le fondamentalisme islamique. Il n’est même pas évident que la participation tardive des Frères Musulmans, dans les manifestations d’aujourd’hui, ait sérieusement augmenté le nombre de manifestants.                                  

Maintenant que les masses ont goûté à leur propre pouvoir, elles ne se satisferont pas de demi-mesures. Mohamed El Baradei, un leader d’opposition et un ex-officiel de l’ONU, vient de revenir en Egypte. Mais personne ne croit – à part, peut-être, les Américains – qu’il peut devenir le point de ralliement d’un mouvement de protestation qui a surgi dans tout le pays sans l’aide d’un « dirigeant » bourgeois. Aujourd’hui, les télévisions étrangères ont tenté de donner du relief à la participation d’El Baradei aux manifestations. Mais elles ne sont parvenues qu’à nous montrer des images d’un vieil homme abasourdi qui ne savait pas trop où il était, ni où il allait.                                             

La lutte pour la complète démocratie permettra de construire d’authentiques syndicats et partis ouvriers. Mais elle posera également la question de la démocratie économique et de la lutte contre l’inégalité. La démocratie ne serait qu’un mot creux si la classe dirigeante continuait de contrôler l’essentiel des richesses. Confiscation des richesses de la clique dirigeante ! Expropriation des impérialistes qui ont soutenu le régime et exploité le peuple d’Egypte ! Si elle est menée jusqu’à son terme, la lutte pour la démocratie doit inévitablement mener à l’expropriation des banquiers et des capitalistes – et à l’établissement d’un gouvernement ouvrier et paysan.                                                    

Révolution mondiale                                                                                                                             

La situation dans le monde entier a changé de façon décisive, et les évènements en Egypte le montrent d’une façon impressionnante. Nous sommes résolument entrés dans l’époque de la révolution mondiale. Le caractère international de la révolution n’est nulle part aussi évident qu’en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Elle se propage sans cesse d’un pays à l’autre : de la Tunisie à l’Algérie, de l’Egypte à la Jordanie, du Yémen au Liban.                                                                                                                                                       

Les événements en Tunisie ont été une inspiration, bien sûr. Les gens pouvaient voir de leurs propres yeux que même l’appareil sécuritaire le plus puissant ne pouvait pas empêcher le renversement d’un dictateur haï. Le peuple, dans les rues du Caire, a même repris le slogan en français des manifestants tunisiens : « Moubarak, dégage ! ».               

La Tunisie a montré ce qui était possible. Mais il serait faux de penser que c’est la seule cause, ou même la principale, de ce qui se passe en Egypte. Les conditions d’une explosion révolutionnaire mûrissaient de longue date dans tous les pays de la région. Tout ce qu’il fallait, c’était une étincelle pour mettre le feu aux poudres. La Tunisie l’a fournie. Le soulèvement révolutionnaire a déjà atteint d’autres pays arabes, comme le Yémen. Comme en Tunisie, les peuples d’Egypte, d’Algérie, de Jordanie et du Yémen vivent dans la pauvreté sous la dictature d’une élite qui se paye une vie de luxe en pillant la nation.                                                                                                                                    

Ces mouvements ont des similitudes frappantes avec les mouvements de masse qui ont conduit au renversement des régimes d’Europe de l’Est, il y a 20 ans. Sur le papier, ces gouvernements disposaient d’un appareil d’Etat puissant, d’une grande armée, d’une police et d’une police secrète puissantes. Mais cela n’a pas pu les sauver. La bourgeoisie s’est félicitée de la chute du « communisme ». Mais cette joie était prématurée. Rétrospectivement, la chute du stalinisme sera considérée comme le prélude à un développement beaucoup plus important : le renversement révolutionnaire du capitalisme. Partout, y compris aux Etats-Unis, le système est en crise. Partout la classe dirigeante essaie de placer le fardeau de la crise sur les épaules des secteurs les plus pauvres de la société.                                                                                                                   

Avec la Tunisie et l’Egypte, le système capitaliste se rompt à ses maillons les plus faibles. On nous dira que de telles choses ne peuvent pas arriver ici, que la situation est différente – et ainsi de suite. Oui, la situation est différente, mais seulement par son degré. Partout, la classe ouvrière et les jeunes seront confrontés à la même alternative : soit ils accepteront la destruction systématique de leur niveau de vie et de leurs droits – soit ils lutteront.

L’argument selon lequel « ça ne peut pas se produire ici » n’a aucun fondement scientifique ou rationnel. On disait la même chose de la Tunisie il y a quelques mois, lorsque ce pays était considéré comme le plus stable d’Afrique du Nord. Et le même argument a été répété au sujet de l’Egypte, même après le renversement de Ben Ali. Quelques semaines ont suffi pour prouver le contraire. Telle est la rapidité des événements, à notre époque. Tôt ou tard, la même question sera posée dans tous les pays d’Europe, ainsi qu’au Japon, au Canada et aux Etats-Unis.

Des développements révolutionnaires sont à l’ordre du jour. Le processus avancera à une vitesse plus ou moins grande selon les conditions locales. Mais aucun pays ne peut s’estimer à l’abri du processus général. Les événements en Tunisie et en Egypte nous montrent notre propre avenir comme dans un miroir.

Alan Woods, le 28 janvier 2010

Par Filippe Suryak
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Mardi 25 janvier 2011 2 25 /01 /Jan /2011 02:32

Le PCF et la présidentielle de 2012

lundi 24 janvier 2011

Le PCF et la présidentielle de 2012

Le débat sur la candidature que soutiendra le PCF, à l’élection présidentielle de 2012, occupe une place importante dans la vie interne et publique du parti. Cette question était au centre des discussions qui ont animé le Conseil National et l’Assemblée Nationale des animateurs de section, les 8 et 9 janvier dernier. Des divergences apparaissent, ce qui est parfaitement normal dans un grand parti comme le PCF. D’ici le vote des militants, en juin, les discussions vont se poursuivre et s’intensifier.

La Riposte pense que le parti doit faire campagne sur un programme communiste, avec un dirigeant communiste comme candidat du Front de Gauche. Beaucoup de camarades partagent cette position générale, mais elle ne fait pas l’unanimité. Des camarades considèrent qu’une candidature de Jean-Luc Mélenchon serait un meilleur choix. Cette position semble dominer au plus haut niveau du parti. Nous écrivons « semble », car nous en sommes souvent réduits à essayer de deviner ce que pensent les dirigeants du parti. La plupart s’abstiennent de toute prise de position publique claire. Selon l’agenda retenu par le dernier Conseil National, les militants devront attendre le CN des 8 et 9 avril avant de connaître la « préférence » de la direction nationale du parti, ou plus exactement de sa majorité. Et encore l’affirmation de cette « préférence » n’est-elle que « probable », lors du prochain CN, selon Pierre Laurent.

La crise du capitalisme

Le débat sur notre candidature à la présidentielle de 2012 a un caractère éminemment politique. Ce qui est déterminant, c’est le programme que doit défendre le parti. Il faut donc commencer par mettre de côté toutes les considérations sur le « charisme » du candidat, sa « médiatisation », sa position dans les sondages – et ainsi de suite. En eux-mêmes, tous ces éléments sont secondaires. Engager la discussion sur ce terrain, c’est faire fausse route d’entrée de jeu.

Nous faisons face à la plus grave crise du capitalisme depuis les années 30. Cette crise mondiale frappe la France de plein fouet. Elle se traduit par une accélération brutale de la régression sociale, sur tous les plans : emploi, pouvoir d’achat, services publics, salaires, santé, logement, éducation, retraites, etc. La politique réactionnaire du gouvernement Sarkozy aggrave les effets de cette crise. Et ce n’est qu’un début. L’objectif de la classe dirigeante est très clair. Elle veut détruire toutes le conquêtes sociales du passé, le plus rapidement possible. Au regard de ce qu’elle veut nous imposer, dans les années à venir, la récente contre-réforme des retraites n’est qu’une chiquenaude.

La jeunesse et les travailleurs de notre pays ne se laisseront pas faire. Autant la classe dirigeante ne peut plus tolérer nos acquis sociaux, autant les travailleurs ne peuvent plus tolérer davantage de contre-réformes. Telle est la contradiction centrale qui va déterminer la vie politique et sociale du pays, dans la période à venir. Les travailleurs seront obligés de reprendre le chemin des luttes massives. La signification générale du mouvement contre la casse des retraites, qui a impliqué 7 millions de personnes, est claire : les travailleurs en ont assez. Ils ne veulent pas payer une crise dont ils ne sont pas responsables. L’énorme quantité de colère et de frustrations accumulée dans les profondeurs de la société, ces dernières années, refera surface à une échelle encore plus massive qu’en septembre et octobre derniers – et ce quel que soit le prochain gouvernement. Bien sûr, la lutte des classes connaîtra des hauts et des bas. Aux grandes offensives du mouvement ouvrier succéderont des périodes d’accalmie, voire de désorientation. Mais celles-ci ne dureront pas longtemps, car l’impasse du système capitaliste n’offrira aucune base solide à une stabilisation durable des rapports sociaux. Toutes les conditions d’une intensification de la lutte des classes sont réunies.

A cela s’ajoute un autre fait décisif, pour le mouvement communiste : la crise a porté un coup sérieux à la crédibilité du système capitaliste, dans la conscience de millions de jeunes et de travailleurs. Depuis la chute de l’URSS et des régimes de l’Est, les apologues du capitalisme proclamaient quotidiennement la fin du communisme, du socialisme, du marxisme – et même la « fin de l’histoire ». Le capitalisme était censé constituer le seul horizon de l’humanité. Vingt ans plus tard, plus grand monde ne croit aux promesses de paix et de prospérité qui accompagnaient ces pronostics. Le capitalisme est devenu un monstrueux obstacle sur la voie du progrès social, et cette vérité fait son chemin dans les consciences. Un nombre croissant de jeunes et de travailleurs cherche une alternative à ce système réactionnaire.

Le potentiel du parti

Une conclusion découle de ce qui précède : les conditions objectives sont très favorables au renforcement et au développement du PCF, de ses effectifs et de son influence. Les 6000 adhérents qui nous ont rejoints, en 2010, ne sont qu’un avant-goût de l’énorme potentiel de croissance du parti. Le développement rapide de la Jeunesse Communiste, ces derniers temps, en est un autre symptôme indiscutable. Et qu’aucun camarade ne s’y trompe : tout ceci inquiète la classe dirigeante, ou tout au moins ses représentants les plus intelligents. Ils connaissent l’histoire du PCF, sa capacité à rebondir, à attirer dans ses rangs les éléments les plus combatifs de la jeunesse et de la classe ouvrière, en particulier dans des contextes de grandes luttes sociales. Publiquement, ils font mine de tenir le parti pour « mort ». Mais c’est pure propagande. En réalité, ils en surveillent de près l’évolution et s’efforcent d’intervenir dans sa vie interne, exactement comme ils interviennent dans celle du Parti Socialiste. C’est d’ailleurs la principale raison du soutien des grands médias capitalistes à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, dans laquelle ils voient une occasion de reléguer le PCF à l’arrière-plan de la scène politique.

Les perspectives que nous venons de dessiner, à grands traits, soulignent la nécessité de profiter des élections présidentielles pour défendre et populariser un programme communiste. L’élection présidentielle est celle qui suscite le plus d’intérêt, dans la masse de la population – que cela nous plaise ou non. Au cours de la campagne électorale, des millions de jeunes et de travailleurs vont s’intéresser de plus près à la politique, aux idées et programmes des différents candidats. Le parti doit saisir des deux mains cette opportunité pour expliquer, faits et chiffres à l’appui, ce qu’est le système capitaliste, les causes de sa crise, l’avenir sombre qu’il nous prépare, par quel système les communistes proposent de le remplacer – et comment. La situation actuelle nous offre la possibilité de défendre très simplement, au moyen d’exemples tirés de l’actualité, la nécessité de nationaliser les banques, l’industrie, la grande distribution et le secteur pharmaceutique.

Le scandale du Médiator n’est-il pas, à lui seul, un plaidoyer en faveur de la nationalisation du laboratoire Servier et de l’ensemble de ce secteur économique ? La même mesure ne s’impose-t-elle pas au secteur bancaire, que l’Etat a massivement renfloué, avant de présenter l’addition aux travailleurs ? Il y a aussi ces subventions massives que l’Etat verse à l’industrie automobile, pendant que ses grands actionnaires continuent d’encaisser des millions. On pourrait multiplier les exemples à volonté. La faillite du capitalisme offre aux communistes d’immenses possibilités pour expliquer, de façon claire et percutante, la nécessité d’une transformation socialiste de la société.

Il faut donner la plus large audience possible au programme et aux idées du communisme, lors de la campagne électorale. Or, personne ne le fera à la place du PCF : ni les dirigeants du Parti Socialiste, ni ceux du Parti de Gauche. On nous rétorque parfois que les dirigeants actuels du PCF ne défendent pas un programme communiste, eux non plus. C’est malheureusement vrai (voir ici). Mais quelle conclusion pratique faut-il en tirer ? Certains camarades sont tentés de cacher les carences de notre programme derrière « le bruit et la fureur » d’un Jean-Luc Mélenchon. Mais ce serait renoncer à la politique au profit du spectacle. Le PCF compte dans ses rangs des dizaines de milliers de militants dévoués à la cause des travailleurs. Beaucoup, comme nous, demandent que le parti renoue avec les idées fondamentales du communisme. Les autres peuvent être convaincus par la discussion fraternelle et l’expérience collective. Autrement dit, on peut et on doit réarmer le parti avec les idées du marxisme. C’est le seul moyen sérieux de le renforcer.

Cela ne nous empêche pas de faire alliance avec d’autres forces politiques de gauche, comme par exemple le Parti de Gauche. Dans les luttes comme sur le plan électoral, l’union fait la force. Mais il faudrait tout de même tenir compte de l’implantation et du poids militant des organisations respectives. A lui seul, le PCF réunit au moins 90 % des forces militantes du Front de Gauche. Lors des dernières élections européennes et régionales, la composition des listes était extrêmement généreuse à l’égard des candidats du Parti de Gauche et de la Gauche Unitaire, si on la compare aux forces militantes sur le terrain. Beaucoup de camarades ont critiqué cet état de fait. Or, dans le cas des élections présidentielles, c’est encore plus simple : il ne peut y avoir qu’un seul candidat du Front de Gauche – lequel, une fois désigné, concentrera toute l’attention médiatique et occupera le devant de la scène. Etant donné le poids du PCF au sein du Front de Gauche, cette position décisive doit naturellement revenir à l’un de ses dirigeants.

Electoralisme

Des camarades sont persuadés qu’un candidat issu du parti ferait un score nettement moins important que Jean-Luc Mélenchon (ce qu’on ne peut prouver, ni d’ailleurs le contraire). Cet argument en faveur d’une candidature de Mélenchon est très courant. En général, ceux qui l’utilisent nous rappellent le score de Marie-George Buffet aux présidentielles de 2007 (1,93 %). On comprend très bien que cet argument puisse convaincre ou faire hésiter des camarades. Mais en réalité, il est complètement erroné. Il fait abstraction de ce que devraient être le contenu et les objectifs politiques d’une campagne électorale du parti. C’est une occasion – parmi d’autres – de développer l’influence des idées communistes et de construire le parti : de gagner des militants, des sympathisants, des lecteurs, de créer de nouvelles cellules du parti, etc. Si, par exemple, le parti sort de la prochaine présidentielle avec plusieurs dizaines de milliers de nouveaux adhérents (ce qui, dans le contexte actuel, est tout à fait possible), il aura pleinement rempli sa mission. Le score électoral vient ensuite. Il a son importance, bien sûr. C’est une photographie, à un moment précis, de l’influence du parti dans la masse de la population. Il nous faudra l’analyser, en même temps que le score réalisé par tous les autres partis, et nous efforcer d’en tirer des conclusions politiques. Mais renoncer à présenter un dirigeant du parti parce qu’on suppose qu’un autre candidat réunirait davantage de voix, c’est faire du score électoral un fétiche vide de tout contenu politique. En bref, c’est tomber dans une forme d’électoralisme.

Des camarades pourraient nous objecter que l’objectif central est de chasser la droite du pouvoir. La Riposte souhaite évidemment une victoire de la gauche en 2012, et le PCF devra soutenir le candidat de gauche face à Sarkozy, au deuxième tour de la présidentielle. Mais cet argument – « chasser la droite » – a ses limites. Aujourd’hui, dans l’esprit de la masse des travailleurs, le chemin le plus direct pour battre la droite, c’est le vote socialiste. Or, Aubry, Royal et Strauss-Khan se préparent à mener une politique de rigueur semblable à celle des gouvernements « socialistes » grec, portugais et espagnol. Ils y seront contraints par les exigences d’un système capitaliste qu’ils refusent de remettre en cause. Le PCF doit prévenir les travailleurs de cette perspective et se démarquer clairement du réformisme impuissant des dirigeants socialistes. Autrement dit, le vote pour le candidat du PCF ne sera pas un simple « vote utile » pour battre la droite. Ce sera – ou plutôt, ce doit être – un vote de soutien à un programme communiste, qui est la seule alternative au capitalisme en crise. En renforçant le PCF au cours de la campagne électorale, on renforcera l’ensemble mouvement ouvrier, qui devra très vite mener de grandes luttes contre le prochain gouvernement, quel qu’il soit.

Il ne suffit pas de rappeler le score de Marie-George Buffet en 2007. Il faut l’expliquer. Or, on a entendu à ce propos beaucoup d’idées fausses. Tel dirigeant du parti y voyait la conséquence d’une « américanisation des esprits », quoi que cela puisse signifier. Tel autre expliquait que les « mutations sociologiques » du pays étaient défavorables au parti (ce qui est archi-faux [1]). De manière générale, les dirigeants du parti ont cherché les raisons de ce revers électoral en dehors des idées et de la politique du parti. Or c’est pourtant là que se trouvait l’explication la plus évidente. Pendant des années, le programme du parti a été progressivement vidé de tout contenu communiste, au point que la masse des travailleurs ne voyait plus de différence fondamentale entre la politique du PCF et celle du Parti Socialiste. Les privatisations menées par un ministre « communiste », entre 97 et 2002, ont donné à cette appréciation un contenu très concret. Telle fut la cause principale du déclin du parti, ces 15 dernières années. Mais cela signifie, en retour, que ce déclin n’a rien d’irréversible. Toute la question se ramène, une fois de plus, à la nécessité de réarmer le parti avec un programme et des idées révolutionnaires.

Dans l’esprit des camarades qui soutiennent la candidature de Mélenchon, le déclin du parti, ces 20 dernières années, pèse lourdement. C’est particulièrement le cas chez de nombreux dirigeants, où cette idée repose sur un profond scepticisme à l’égard du « communisme » et du marxisme. Ils sont convaincus que les travailleurs ne voudront plus jamais en entendre parler. Ne disposant d’aucune explication scientifique des causes du stalinisme, ils y voient un « boulet » dont il serait impossible de se débarrasser. Ils cherchent à « moderniser » les idées du communisme. Les textes officiels du parti parlent « d’inventer un nouveau mode de développement humain », comme s’il nous fallait repartir de zéro en matière de programme. Or, ce qui est « inventé » n’a évidemment rien de « nouveau » : ce sont des idées réformistes et pré-marxistes dont l’histoire a mille fois démontré la faillite, en France et à l’échelle internationale. Manquant de confiance en eux-mêmes et dans le parti, ils pensent que son « image » – l’image communiste du PCF – le condamne au déclin électoral. Ils doutent qu’un candidat issu du parti puisse faire un « bon score » à la présidentielle. Aussi en viennent-ils à considérer la candidature de Mélenchon comme une solution.

Liquidationnisme

Le soutien à une candidature de Mélenchon s’inscrit dans une perspective qui dépasse largement l’échéance de l’élection présidentielle. Roger Martelli, un ex-dirigeant du parti connu pour ses positions liquidationnistes, ne s’y est pas trompé. Considérant le choix de Mélenchon comme très probable, il déclarait récemment que « le parti va devoir réfléchir à la perspective de long terme dans laquelle il inscrit ce choix » [2]. Les dirigeants actuels du parti s’expriment beaucoup plus prudemment que Roger Martelli. Mais cette « perspective » est bien connue. Elle ne date pas d’hier. Il s’agit de transformer le PCF en une nouvelle force politique ayant formellement rompu avec l’héritage et la tradition communistes. C’est le sens de la fusion du PCF et du Parti de Gauche que propose Mélenchon. Et cette idée n’a cessé de gagner du terrain, ces dernières années, au plus haut niveau du PCF. Dès lors, il n’est pas difficile d’anticiper la suite des événements, dans l’hypothèse d’une candidature de Mélenchon. S’il réalise un meilleur score que celui de Marie-George en 2007 – ce qui, après dix ans de droite au pouvoir, serait logique –, cela apportera de l’eau au moulin de tous ceux qui ne croient plus au potentiel du parti. Cela donnera un nouvel argument aux partisans d’une « nouvelle force politique ».

En juin dernier, Mélenchon et des dirigeants du parti ont proposé de créer une « association des partisans du Front de Gauche », à laquelle on pourrait adhérer directement sans adhérer à l’un des partis qui constituent le Front. Cette proposition a suscité une vive opposition, à la base du parti, et a dû être temporairement écartée. Mais nous ne doutons pas qu’elle reviendra dans le débat, sous une forme ou sous une autre. Mélenchon dit ne pas y avoir renoncé. La Riposte s’y oppose, car ce serait un pas très sérieux en direction de la transformation du Front de Gauche en un nouveau parti. Les communistes espagnols ont connu ce processus dans le cadre de la « Gauche Unie », dans les années 80 et 90. Cela s’est soldé par un grave affaiblissement du Parti Communiste Espagnol. Au départ, la Gauche Unie n’était qu’une coalition électorale. Puis elle s’est transformée en une force politique à part entière – avec des structures locales et nationales, une véritable direction, etc. Après une série d’assez bons résultats électoraux, la Gauche Unie a connu un déclin brutal. Pendant ce temps, le PCE est devenu un « courant » de facto de cette nouvelle force réformiste, dont il constituait à l’origine l’écrasante majorité. L’effacement du PCE dans la Gauche Unie s’est traduit par une chute de ses effectifs et une dislocation générale de son organisation. Aujourd’hui, les communistes espagnols cherchent à reconstruire le parti et à le « sortir de la clandestinité ». Nous avons tout intérêt à étudier et méditer cette expérience de nos camarades espagnols !

Lors des dernières réunions du Conseil National du parti, plusieurs camarades ont averti qu’une candidature de Mélenchon « démobiliserait » la base du parti, lors de la campagne électorale. Ceux qui connaissent le parti, à l’échelle nationale, ne peuvent pas en douter. Outre la méfiance de beaucoup de camarades à l’égard de Mélenchon, dont la carrière est jalonnée de volte-face opportunistes, il y a le fait concret que dans une très grande majorité des sections du parti, surtout en dehors des grandes villes, les militants du PCF portent pratiquement le Front de Gauche à eux seuls, faute de militants du Parti de Gauche et de la Gauche Unitaire. Il n’est pas difficile d’imaginer la réaction des camarades à qui on demanderait de faire campagne pour un candidat dont le parti n’existe pas – ou presque pas – au niveau local. Beaucoup y renonceraient. De ce seul point de vue, le choix d’une candidature issue du PCF s’impose.

La base doit décider

De nombreux camarades pensent que la question de la candidature est déjà tranchée, au niveau de l’Exécutif national du parti, en faveur de Mélenchon. Tout semble l’indiquer, en effet. Nous venons d’en évoquer les prémisses politiques. Mais des éléments concrets renforcent cette hypothèse. Par exemple, la direction insiste sur l’importance des élections législatives, pour le PCF, dans le but probable de minorer l’enjeu de la présidentielle – comme si on pouvait dissocier ces deux élections, qui se tiennent à un mois d’écart ! Mélenchon, bien sûr, approuve magnanimement cette idée fausse. On cherche aussi à nous rassurer en soulignant que la campagne de la présidentielle sera « collective », quel que soit le candidat. Mais en réalité, les communistes n’auront aucun moyen de contrôler Mélenchon, pendant comme après la campagne électorale. On note enfin le peu de soutien des dirigeants du parti à la candidature d’André Chassaigne, comme ce dernier l’a lui-même souligné.

André Gerin s’est déclaré candidat. Mais après toute une série de prises de positions scandaleuses, et notamment sa croisade démagogique sur le thème de la burqa, aux côtés d’Eric Raoult (UMP), il s’est très largement discrédité au sein du parti (voir ici). Sa candidature à la présidentielle ne pourrait que nuire gravement au PCF et à son image. Quant à la candidature de Maxime Gremetz, elle ne sera pas prise au sérieux par la plupart des communistes. Nous n’entrerons pas ici dans les détails du vieux conflit entre la direction du parti et Maxime Gremetz. Mais il est évident que son exclusion du PCF discrédite sa candidature.

André Chassaigne s’est déclaré candidat, lui aussi. Si aucun autre dirigeant du parti ne se porte candidat, Chassaigne doit aller jusqu’au bout. Les militants doivent pouvoir se prononcer, en juin prochain, sur sa candidature. Mais encore faut-il que Chassaigne veuille vraiment « y aller ». En septembre dernier, il écartait publiquement l’hypothèse d’un vote des militants pour le départager face à Mélenchon. Cela avait semé le doute sur ses intentions réelles. Cela donnait l’impression que sa candidature était un leurre destiné à tromper la patience des militants – et qu’il était prêt à se retirer, en fin de course, au profit de Jean-Luc Mélenchon. Dans un récente lettre aux communistes, Chassaigne a lui-même reconnu que sa démarche avait alimenté cette crainte. Mais il continue d’affirmer qu’il « s’aligner derrière la décision prise par les délégués à la Conférence Nationale » des 4 et 5 juin. Nous voulons que la Conférence Nationale se prononce pour une candidature issue du PCF. Mais dans tous les cas, le seul moyen de connaître l’opinion réelle de l’ensemble des militants communistes, ce sera le vote des 16, 17 et 18 juin. En effet, la Conférence Nationale risque de ne pas refléter correctement l’opinion de la base du parti. Le poids de la direction y sera prépondérant. Il ne faut pas que le vote des militants porte sur le seul nom retenu par la Conférence Nationale. Dans l’hypothèse où celle-ci se prononce en faveur de Mélenchon, le nom de Chassaigne – ou d’un autre dirigeant du parti – doit quand même être soumis au vote des adhérents.

Le débat sur la candidature ne doit pas occulter notre travail sur le programme du parti. Encore une fois, la candidature d’un communiste ne prendra tout son sens que sur la base d’un programme de rupture avec le système capitaliste. Un tel programme susciterait l’intérêt et l’enthousiasme de millions de jeunes et de travailleurs. Les militants communistes dépenseraient des trésors d’énergie pour le populariser aux quatre coins du pays. C’est la question centrale. Il faut d’urgence doter le parti d’un programme qui appelle à en finir avec la domination de l’économie par une poignée de parasites capitalistes. Il faut remettre à l’ordre du jour la lutte pour une société socialiste, débarrassée de la Bourse, des spéculateurs et de la course infernale au profit. En dernière analyse, c’est la plus solide garantie de nos succès futurs.

Jérôme Métellus (PCF Paris 18e) et Greg Oxley (PCF Paris 10e)

[1] Voir la partie intitulée Les « mutations sociologiques », dans notre document  : Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme

[2] Cité dans Le Figaro du 7 janvier

Par Filippe Suryak
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Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 15:53

Déclaration d'Antonio Gramsci le 4 janvier 1921

 


On ne peut comprendre le sens et la portée du congrès de Tours si l'on ne replace pas la lutte des tendances au sein du Parti socialiste dans le cadre général du mouvement ouvrier et paysan en France. Le congrès de Tours est étroitement lié à la grève du 1er mai dernier, ses résultats témoignent des dispositions des masses populaires envers les organismes directeurs du mouvement syndical, qui, à l'occasion de la grève et face à ses conséquences immédiates, réagirent de la façon et dans les formes que l'on sait. Le Comité de la IIIe Internationale dont les deux secrétaires, Loriot et Souvarine, sont en prison depuis le mois de mai sous l'inculpation de complot contre la sûreté de l'État, a vu la très grande majorité des mandats se porter en faveur de sa motion. Le Comité de la IIIe Internationale, qui représente le solide noyau fondamental du nouveau Parti communiste, n'a pas hésité un instant à prendre une position nette et claire contre les fonctionnaires cégétistes et les députés socialistes qui, durant la grève de mai, ont trahi la classe ouvrière française. La politique communiste de la IIIe Internationale a eu la vertu d'apaiser les dissensions entre “syndicalistes” et “socialistes” ; purgés de leur idéologie syndicaliste, les leaders révolutionnaires de la CGT entreprirent un travail assidu et systématique d'organisation et de propagande qui ne tarda pas à porter des fruits d'autant plus rapides à mûrir et d'autant plus nombreux, que la politique opportuniste et traîtresse du Comité confédéral avait réduit les effectifs syndicaux de deux millions et demi d'adhérents à six cent mille, et avait ainsi donné plus d'importance à la masse des ouvriers et des paysans les plus conscients, ceux qui étaient inscrits également au parti politique. La victoire de Tours est la victoire du Comité de la IIIe Internationale et elle prélude à la victoire que les révolutionnaires obtiendront au sein de la CGT. dès avant le Congrès, et qui les conduira par la suite à la conquête des Bourses du Travail et des Unions départementales.

Le congrès de Tours a une portée profonde, non seulement pour la classe ouvrière, mais aussi pour la classe paysanne. Le fait que la majorité des sections rurales ait voté en faveur de la IIIe Internationale et pour un parti plus homogène et doté d'un centralisme révolutionnaire plus fort, ne peut être interprété comme une manifestation d'impulsivité que par ceux qui se refusent à voir l'ampleur de la crise qui décompose la vieille structure de la société française. La légende de la France pays de petits propriétaires n'a plus aucune consistance. Dès avant la guerre, la désagrégation des vieilles formes économiques avait atteint une phase aiguë et les agitations fréquentes et massives de la classe paysanne en étaient la preuve. Les chiffres que voici, qui concernent l'année 1913, apportent des précisions sur les conditions de répartition de la propriété en France, conditions qui ont été énormément aggravées par la guerre, dans la mesure où la guerre a provoqué un drainage de la richesse vers les coffres-forts d'une minorité : pour 1913, en représentant la richesse globale française par le chiffre 1000, et le nombre de citoyens juridiquement capables d'être propriétaires par le même chiffre 1000, on avait la répartition suivante : 470 Français, soit 47 %, de la population, sans aucune propriété, 406 Français propriétaires de 120 unités, soit 40%, de très petits propriétaires, 85 Français, soit 8,5% de la population propriétaires de 400 unités et 39 Français soit 4 % de la population propriétaires de 470 unités. L'aggravation de la condition économique générale explique suffisamment l'élan révolutionnaire des classes rurales qui s'est révélé lors du congrès de Tours.

Mais le congrès de Tours, outre sa signification générale dans le cadre du mouvement révolutionnaire français, a une signification très importante dans le cadre du mouvement révolutionnaire représenté par l'organisation de l'Internationale communiste.

Pour porter un jugement exact sur les résultats du Congrès, il importe de tenir compte du fait que la majorité du Congrès n'a encore aucun lien officiel avec l'Internationale communiste, que le nouveau Parti n'est pas encore admis dans l'organisation de Moscou. Le nouveau Parti demande à être admis, après s'être séparé des réformistes et des centristes : la coupure est si radicale que Longuet reste hors du nouveau Parti, de même que Paul Faure qui s'était pourtant rendu à Imola en 1919, après le congrès de Bologne, et avait filé le parfait amour de l'internationalisme communiste avec quelques-uns des plus grands représentants de l'actuel unitarisme italien.

Ce qui est le plus important, dans le congrès de Tours, c'est précisément que le Parti favorable à l'adhésion ait atteint un degré d'homogénéité tout à fait remarquable, et que dans son sein, le noyau originairement communiste, le noyau représenté par l'organisation centralisée au sein du Comité de la Ille Internationale, ait acquis une prépondérance décisive.

C'est pourquoi le vote de Tours n'est pas la victoire de Cachin ou celle de Frossard ; c'est la victoire des communistes, c'est la victoire de la classe révolutionnaire des ouvriers et des paysans de France, qui sont en train de démembrer la bureaucratie syndicale, opportuniste et félonne, et qui, en se détachant des plus populaires porte-parole de la démagogie parlementaire, ont prouvé qu'ils étaient résolument décidés à faire leur entrée sur le terrain de la lutte pour la révolution mondiale.

Par Filippe Suryak
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Mardi 18 novembre 2008 2 18 /11 /Nov /2008 11:58

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Mouvement de l'Histoire      
En ce moment de crise économique majeure qui est en train de balayer les certitudes et les discours ésotériques et dogmatiques des capitalistes, et de ceux qui ont succombé à leurs chants de sirènes et les ont suivis aveuglément dans leurs aventures désastreuses avec tout le mal qu'ils ont causé aux travailleurs et à leurs droits sociaux, à la société toute entière et ses valeurs de solidarité et de fraternité, aux peuples opprimés et appauvris par des régimes corrompus, avec la complicité des multinationales et des puissances impérialistes occidentales et leurs armées arrogantes, à l'environnement avec l'exploitation sauvage et irresponsable des ressources naturelles de la planète et son effet destructeur et irréversible de l'écosystème et de la biosphère, il y a malgré tout cela quelques lueurs d'espoir qui commencent à s'allumer ici et là pour créer un nouveau monde réellement moderne et civilisé au sens plein du terme, par opposition à la barbarie capitaliste en œuvre depuis plusieurs siècles, depuis la conquête coloniale de l'Amérique par les puissances de l'époque (Espagne, Angleterre, France, Portugal, Hollande). Oui, des lueurs commencent à surgir dans l'obscurité dans laquelle le Capital a plongé l'humanité en provoquant des guerres à l'échelle continentale et planétaire. Oui des lueurs brillent à nouveau et redonnent l'espoir de changer réellement la vie des hommes et des femmes, et des enfants exploités et martyrisés par le Capital.

 

UN VENT DU SUD SOUFFLE SUR LE NORD

brokers, traders cry



Le Sud n'amène pas que les émigrés qui fuient leurs pays pour trouver un travail dans les pays riches du nord. Il y a aussi un souffle révolutionnaire venant d'Amérique Latine qui a balayé les unes après les autres les oligarchies locales qui servaient les intérêts de l'impérialisme américain, et occidental en général, tout en se servant au passage en amassant des fortunes colossales et opprimant dans le sang leurs peuples.

                                                                            Lula (ici en meeting électoral) est devenu un mythe revendiqué par la gauche latino-américaine
Photo Olivio Lamas

De victoires en victoires,  les peuples d'Amérique Latine ont vaincu lesrégimes qui les opprimaient, et instauré des pouvoirs qui répondent à leurs attentes et qui respectent leur souveraineté.

   
 

L'oppresseur nord-américain a perdu progressivement pied dans quasiment toute l'Amérique Latine, et ce depuis la Révolution Cubaine jusqu'à la dernière victoire du camp progressiste en Équateur, en passant par le Vénézuela, la Bolivie, le Nicaragua, l'Uruguay, le Brésil, l'Argentine, et le Chili.

En Afrique, les Noirs de l'Afrique du Sud se sont libérés de l'oppression du pouvoir ségrégationniste des colons capitalistes Blancs qui les ont opprimés et exploités pendant près de deux siècles.




Mandela, libre après 27 ans de prison
© Reuters / Michel Ulli

11 février 1990 : c’est le "Mandela day", la libération de Nelson Mandela, LE symbole de la lutte pour la liberté des noirs en Afrique du Sud.


  dans le monde

Oui, c'est un mouvement de l'Histoire qui a commencé après la deuxième Guerre Mondiale pour  reprendre son élan là où il a été interrompu entre les deux guerres pour  repartir de plus belle. La guerre comme les crises de toutes natures ne font qu'accélérer l'Histoire. En réalité il a commencé bien avant, avec la première Révolution française de 1789, en passant par la Commune en 1871,

http://histoireenprimaire.free.fr/images/commune_1871.jpg


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et la révolution Bolchévique d'octobre 1917, inspirée du marxisme, qui a vu la victoire du pouvoir ouvrier et la création de la première république socialiste du monde,  l'Union Soviétique.

 

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/46/1917petrogradsoviet_assembly.jpg

 

Karl Marx

(1818 – 1883)
Karl Marx, philosophe et économiste allemand, auteur du 'Capital' et du 'Manifeste du Parti Communiste'




 

 

                                                                                                                            

Faut-il rappeler que le grand penseur Karl Marx s'était beaucoup inspiré des Révolutions  françaises et plus particulièremen de la première celle de 1789 , puis de celle de 1848, et enfin de la Commune de 1871.

Ce mouvement d'émancipation et de libération des peuples s'est affaibli après la Première Guerre mondiale de 14-18 et la crise du capitalisme de 1929, ce qui a ouvert la voie à la victoire du nazisme en allemagne  et du fascisme en Italie, puis en Espagne en 1937.

Les années vingt  furent marquées aussi par un évènement  qui marqua fortement l'opinion internationle et inspira nombreuses révolutions à venir. ce fut la  victoire d'Abdelkrim, le héros du Rif marocain, qui  infligea une défaite désastreuse pour l'Espagne lors de la la célèbre  bataille d'Anoual.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/06/Disaster_of_Annual_-_Montearruit.jpg



Ce juriste, fils de notable, fut d’abord le premier journaliste marocain, avant de prendre les armes contre l’occupant espagnol. L’Espagne lui doit sa défaite militaire la plus cuisante : la bataille d’Anoual (juillet 1921) qui fit 15 à 20 000 victimes dans les rangs de l’armée espagnole. Pendant deux ans, il a tenu les montagnes du Rif et mis en place une véritable « république du Rif » (1921-1926) vécu comme un prélude à la libération de tout le Maroc. Un peu partout dans le monde des « révolutionnaires » ont eu les yeux tournés vers l’émir Adelkrim. Madrid est tenté d’abandonner la région aux rebelles, mais maréchal Lyautey demande son élimination. Paris craint la contagion anti-coloniale. La victoire de l’émir aurait changé le cours de l’histoire d’un pays colonisé depuis peu. La France et l’Espagne, ont dû se coaliser et aligner près de 500 000 hommes et 42 généraux (dont le général Pétain) et dix escadrilles aérienne pour en venir à bout. La France envoie l’émir vaincu à la Réunion pour un exil qui dure 21 ans. En 1946, il parvient à s’évader.



http://www.islammuslim.lv/Atteli/Abd_el-Krim.jpg
 

 

 

En 1934, devant l'aggravation de la situation économique, sociale,  et politique en France, suite à la grande crise du capitalisme de 1929, les partis de gauche  se sont unifiés pour constituer un Front populaire aux législatives de 1936.


Le 3 mai 1936 a lieu en France le deuxième tour des élections législatives. Le scrutin donne la majorité à la coalition de gauche, le Front populaire.

 

http://www.ambafrance-uk.org/IMG/jpg_1936.jpg

La victoire du Front populaire en 1936. De gauche à droite : Mme Blum,

Léon Blum (SFIO), Maurice Thorez (PCF), Roger Salengro (SFIO, Ministre

de l’Intérieur). Au deuxième rang, derrière Blum et Thorez, (roulant une

cigarette), c’est Edouard Dalladier (parti radical, Ministre de la Défense).


Le Front populaire est une alliance électorale rassemblant les trois grands partis de gauche : le parti communiste de Maurice Thorez, le parti socialiste de Léon Blum et, plus près du centre, le parti radical-socialiste d'Édouard Daladier. La victoire du Front Populaire soulève dans la classe ouvrière un espoir d'autant plus grand que le pays est tétanisé depuis plusieurs années déjà par la crise économique dérivée de 1929.


À peine le gouvernement est-il installé que se multiplient dans tout le pays les grèves et les occupations d'usines, de chantiers et de magasins, dans l'espoir d'un renversement du système capitaliste.

Ces grèves sur le tas gagnent très vite l'ensemble du secteur privé. Au total 2 millions de grévistes. Fait notable : elles se déroulent de manière pacifique et dans l'allégresse et la joie.


Grève sur le tas (France, juin 1936)


Le gouvernement  du Front Populaire restaure la paix sociale en signant avec les représentants patronaux et syndicaux les accords Matignon dans la nuit du 7 au 8 juin 1936 (l'hôtel Matignon est la résidence du président du Conseil). Ces accords prévoient des augmentations de salaires, l'élection de délégués ouvriers dans les usine, ainsi que plusieurs mesures sociales favorables à l'ensemble des travailleurs.


 Le gouvernement du Front Pouplaire mène des réformes sociales spectaculaires et sur un temps très court : congés payés (8 juin 1936) et semaine de 40 heures (12 juin 1936) pour tous les salariés.

Il réforme l'organisation de la Banque de France (24 juillet 1936).

Il nationalise aussi les principales usines d'armement (11 août 1936) et crée un Office interprofessionnel du Blé (15 août 1936) pour maîtriser le cours des céréales.

 

La prise de pouvoir par les Nazis en Allemagne, les fascistes en Italie et en Espagne, fait planer sur les peuples d'Europe le spectre de la guerre.

 

L'Autriche est annexée par Hitler, la Tchequoslovaquie et la Pologne.

 

Le Maréchal Pétain devient président du Conseil le 16 juin 1940 et le 22 juin il signe l'armistice avec l'Allemagn nazie à Rothondes. Le  10 juillet, le parlement donne les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain qui  lui permettent de modifier la Constitution, il décrète la fin de la IIIème République, instaure l'Etat français dont il devient le Chef, et entreprend, avec son gouvernement de Vichy dirigé par Pierre LAval, une politique de collaboration avec l'Allemagne

La lutte du peuple français pour sa libération de l'occupation allemande a joué un rôle déterminant dans la victoire du mouvement ouvrier en France le lendemain de la Libération suite à une Résistance organisée et déterminée dans laquelle les communistes français, et parmi eux beaucoup de travailleurs d'origine étrangère dont la plupart militants de la CGT  (des Polonais, des Allemands, des Arméniens, des Italiens,..;). Le point d'orgue de ce mouvement de résistance et de libération a été l'adoption du  programme du Conseil National de la Résistance  par le gouvernement français issue de la Résistance.

http://enmemoiredelaresistance.unblog.fr/files/2007/10/lecnrlalibration.jpg       Le Conseil National de la Résistance à la Libération

D'autres luttes de Libération de peuples opprimés ont suivi.

En Chine, le parti communiste chinois conduit par Mao Zedong a renversé le régime nationaliste de Tchan Kaï Chek, après plusieurs années de guerre civile  pour instaurer la nouvelle République Populaire de  Chine socialiste en 1949.

Hulton Getty
À Yan'an, en 1938, Mao Zedong (1893-1976) engage la foule rassemblée à poursuivre les efforts de résistance contre l'attaque japonaise.
Le Parti communiste chinois a réussi à lier les principes fondamentaux du Marxisme Léninisme avec la pratique concrète de la révolution et de l'édification de la Chine et a créé ainsi la Pensée de Mao Zedong, ce qui a permis la réalisation du premier bond en avant théorique de la combinaison du Marxisme Léninisme avec la réalité chinoise. "Le communisme à la chinoise" réside dans l'adaptation du marxisme à la réalité chinoise, historique, culturelle, économisue et sociale. Cette adaptation a connu son essor pendant les trente dernières années qui  a vu la Chine s'ouvrir  progressivement au marhé économique mondial et au libre-échange. Cette ouverture pratiquée avec précaution et contrôle rigoureux de l'Etat des moyens de production,  de la monnaie nationale, des banques et  des assurances, a permis un développement économique relativbement lent, mais durable, et a assuré à la Chine une croissance forte et un progrès économique exceptionnel ce qui a permis de réduire la pauvreté de manière significative sur une période relativement courte. Après l'euphorie des années 80-90, la Chine réoriente son développement sur le développement intérieur en mettant l'effort sur le développement rural pour réduire le sous-développement des régions qui n'ont pas bénéficié des retombées de la croissance industrielle et commerciales des grandes zones urbaines de production industrielle et des grandes villes du sud et de l'est du pays.
Dix ans à peine après la Révolution communiste chinoise, une autre révolution  communiste va marquer l'histoire du 20ème siècle et influencera de nombreux mouvements de libération et  de lutte pour lémancipation des peuples.
Le 26 juillet 1953, un groupe de jeunes dirigés par Fidel Castro attaque le Cuartel Moncada, une citadelle miltaire, dans le but d'armer le peuple et de fomenter une insurrection générale. L'assaut échoue et Fidel Castro est incarcéré dans la prison de l'Ile des Pins. Cependant, sous la pression populaire le gouvernement accorde l'amnisitie aux prisonniers et Fidel Castro s'exile avec ses camarades à Mexico en 1955.

C'est à Mexico que Fidel Castro va rencontrer Ernesto Che Guevara. Ensemble ils vont organiser la Révolution Cubaine qui débutera avec l'expédition du Granma, el la guerrilla dans la Siera Maestra. Le premier janvier 1959, le dictateur Fulgencio Batista est défait par les forces révolutionnaires de Fidel Castro.


http://www.vacances-sejour.ch/cuba/camilo-cienfuegos/camilo-cienfuegos-72.jpg

 

certains en s'inspirant de l'expérience des résistants communistes français, et parfois avec leur soutien, comme en Indochine, en Afrique, et dans les pays du Maghreb

 Ho Chi Minh proclame l'indépendance du Viêt Nam à Hanoi, le 2 septembre 1945

Chi Minh le 2 septembre 1945 proclame l'indépendance du Viêt Nam à Hanoi

 

 

http://www.herodote.net/Images/Algerieguerre.jpg 


8 mai 1945 : Massacre de Sétif

 

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Le 8 mai 1945 était signée la capitulation de l’état-major allemand. Pour les peuples d’Europe, cette date marquait la fin de la Deuxième Guerre mondiale impérialiste. Mais pour l’un des peuples colonisés par l’impérialisme français, le peuple algérien, elle reste une des dates les plus tragiques de son histoire. En effet, entre le 8 et le 13 mai 1945, l’impérialisme français allait réprimer avec la plus grande violence des manifestations indépendantistes dans la région du Constantinois, notamment à Sétif et Guelma.

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.aujourdhui.ma/alm_images/Ben-Barka.gif

 

Mehdi Ben Barka


   Les années 80-90 ont donc été des années de défaites et de recul de l'influence des mouvements progressistes en Europe et dans le monde. Mais depuis la victoire de la Révolution bolivarienne au Venezuela, après la victoire de Lula au Brésil, puis celle du camp marxiste léniniste en Bolivie, et en Équateur,

 

***OoO ChAvEz - CaStRo - MoRaLeS OoO***
Hugo Chavez, Fidel Castro, Evo Morales en 2007

les mouvements progressistes en Europe ont repris du poil de la bête et créé de nouvelles dynamiques de luttes et de résistances et parmi elles la campagne à l'échelle européenne du rejet du Traité constitutionnel Européen qui a été rejeté à 55% en France, puis en Hollande, et encore récemment en Irlande.

Manifestation cpe

Manifestation contre le CPE , 2006 auteur : x. hacquard et v. loison


En France, après les échecs de la gauche à la présidentielle en 2002 et 2007, les contre-réformes des retraites, du code de travail, des 35 heures, la Sécurité Sociale Santé, le durcissement des conditions d'accès aux indemnités du chômage, il y a eu quelques avancées petites par leur portées mais qui ont été des moments de très grandes mobilisations populaires qui prouvent que quand on lutte on arrache forcèment des victoires, petites soient-elle quantitativement, mais assez symbolique pour irradier les consciences et convaincre les travailleurs qui n'ont pas encore compris la nécessité de lutter pour défendre leurs intérêts et leurs droits, comme le formidable exemple de la lutte contre le CPE  qui a surpris par son niveau d'organisation et de structuration efficace, qui a fait reculer le gouvernement De Villepin après plusieurs semaines de manifestations et de grèves des jeunes lycéens et étudiants très largement soutenus et suivis par les syndicats des travailleurs; les manifestations de Défense du Service Public de l'hôpital, de l'énergie, de l'éducation Nationale, et de la Poste. La lutte contre le traité Constitutionnel Européen en 2005 qui a abbuti à une victoire écrasante du Non à 55% lors du réferendum du 29 Mai 2005 en est l'autre exemple de la nécessité des luttes pour faire reculer la droite française et plus largement européenne.



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Ce climat insurrectionnel a démontré aux travailleurs et à la jeunesse que la lutte paie et qu'elle est nécessaire pour résister aux attaques de la droite au pouvoir et du Capital représenté par le MEDEF.

 

Cet élan populaire de résistances et de luttes à travers le monde, organisées et intensifiées, génèrent une formidable énergie mobilisatrice qui courent d'un continent à l'autre avec le développement des nouvelles technologies de l'information et la massification des moyens de communication. La passion révolutionnaire naît dans les pays soumis à une forte domination et exploitation accrue des travailleurs. Les pays du Nord, longtemps restés à l'abri d'une exploitation intensive comme le subissent les travailleurs des pays du Sud, voient leurs acquis sociaux obtenus après-guerre se réduire progressivement à mesure que s'intensifie l'exploitation capitaliste et le recul des droits sociaux qui ont accompagné les crises financières successives en Europe et dans le monde développé, depuis 1990. 


La révolution commence là où ça va mal. L'Europe, et l'Amérique du Nord, vont de plus en plus mal. Les consciences s'aiguisent d'une crise à l'autre, d'une guerre à l'autre. Les travailleurs qui sont les premiers exposés aux effets de la crise actuelle, en Europe et en Amérique du Nord, seront les premiers à prendre le chemin de la révolution pour changer les conditions désastreuses dans lesquelles ils se trouvent actuellement et dans les mois et années à venir. Une situation qu'ils n'avaient jamais connu, pour les plus jeunes parmi eux, et c'est cette jeunesse déçue du capitalisme et les promesses d'une vie meilleure qui tarde toujours à se concrétiser alors qu'ils ont encore toute la vie devant eux, ce sont ceux-là qui vont être en première ligne des luttes pour se révolter. On l'espère tout du moins.


                   Près de 30% des familles américaines

                        ont     un   salaire de misère


Source : american-pictures.com  de Tom Eley

 

   

Certes, Cette énergie de révoltes et de contestations est invisible, mais elle est puissante, silencieuse, et circule plus que jamais, tout le temps et partout,  et ne demande qu'à se libérer pour renverser le système dominant pour construire à sa place une nouvelle société où règne la solidarité et la justice sociale, le partage juste des richesse au lieu de l'enrichissement d'une minorité au détriment des travailleurs, la fraternité au lieu de la compétition entre les travailleurs, le progrès au lieu du recul social et de la destruction de l'environnement, le partage au lieu de l'égoïsme, l'épanouissement et le bien-être de l'individu pour le bien-être et l'épanouissement de tous, la paix et la coopération entre les peuples au lieu de la concurrence effrénée à la rentabilité et la croissance sans limites ni objectifs qui finissent par conduire à la guerre.

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Rien ni personne ne pourra arrêter le mouvement de l'Histoire qui est en œuvre en ce moment et qui conduira tôt ou tard à la Libération de l'Humanité de la domination capitaliste sous toutes ses formes. Mais cette formidable force de l'Histoire ne peut s'accomplir sans la participation active des dominés et des exploités. Le mouvement de l'Histoire n'est pas une mécanique céleste qui évolue selon un mouvement linéaire . Il a besoin de l'intervention des hommes et des femmes pour s'effectuer. C'est l'Homme qui fait l'Histoire et non l'inverse. C'est l'Homme qui présidera à sa Libération et son émancipation de la domination capitaliste et des forces culturelles et traditionnelles archaïques qui enchaînent son esprit et l'empêche d'agir activement sur l'Histoire pour maîtriser son sort et construire une nouvelle civilisation humaine débarrassée des dogmes et des systèmes qui l'ont asservi durant des siècles et des siècles.

Après les échecs des forces progressistes ces dernières années, une nouveau contexte et une nouvelle situation s'ouvrent. Le Parti Communiste appelle et œuvre à la construction d'un Front Progressiste et populaire rassemblant les partis de gauche et les hommes et les femmes qui veulent prendre part à la réalisation d'un changement radical de la société. Le nouveau Parti de Gauche que vient de fonder Jean Luc Mélenchon et ses camarades socialistes dissidents, a répondu favorablement à l'appel du PCF. D'autres organisations politiques semblent être d'accord pour la création de ce nouveau rassemblement politique. Le PCF et le Parti de Gauche préviennent de leur intention de ne pas répéter les erreurs des Collectifs Unitaires dont la méthode et la forme, plus que le fond, ont conduit à l'échec. C'est événement va marquer l'avenir proche et lointain de la Gauche française.

La composition de ce rassemblement par les forces militantes unifiées et structurées du PCF et les forces militantes du Parti de Gauche vont dans un premier temps redonner de l'espoir aux travailleurs qui voyaient leurs acquis sociaux partir en fumée avec la politique destructurice de la droite au pouvoir et de son donneur d'ordre le patronat français rassemblé au sein du MEDEF. La nopuvelle direction du Parti Socialiste issue de son dernier Congrès de Reims va devoir composer avec cette nouvelle force à sa gauche qui va être plus que jamais exigeante et intransigeante sur un accord électoral éventuel lors des élections régionale de 2010, et l'élection présidentielle et législative de 2012. C'est ce que les militants de gauche espèrent tout du moins.

Les deux formations qui composent le nouveau rassemblement PCF-PG ont été parmi les premiers déçus des orientations de la politique du dernier gouvenement de Gauche Plurielle et ne sont , et leur bases encore plus, pas du tout prêts à s'engager dans une alliance pou revivre les mêmes échecs des politiques de renoncements et de soumissions au Capital contraires aux valeurs de gauche sur lesquelles ils étaient élus, ainsi que le cauchemar de la série d'échecs électoraux qu'ils ont subi à cause de leur inefficacité et leur résignation devant les forces capitalistes.

Mais si par malheur, ce nouveau rassemblement progressiste se limiterait à des ententes purement électoralistes et négligeraient la construction d'une majorité populaire qui nécessite une bataille idéologique intense et une implication effective sur le terrain des luttes des travailleurs et des exclus, il courra le risque d'échouer car les accords de sommet quand ils ne sont pas portés par une majorité populaire acquise au projet politique du rassemblement et auquel elle aura activement participé à travers les débats et les assemblées populaires, au moment de sa mise en application, le soutien populaire risque de ne pas être au rendez-vous. 

C'est un nouveau chemin qui exige un très haut niveau d'organisation, de mobilisation et de combativité à toutes les échelles de la société, une forte détermination, de la créativité, et de l'audace.                                    

La voie est libre. A nous de la prendre... sans tarder!

Par Filippe Suryak
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